TRAVAUX D'ETUDIANTS

COURS DE LITTERATURE
Animé par Liliane GOUEZ

ANNEE 2015-2016 "LA GOURMANDISE"
RUBRIQUE EN COURS DE CONSTRUCTION


QUELQUES TEXTES D'ETUDIANTS DU COURS SUR LE THEME "SOUVENIR D'ENFANCE D'UNE SAVEUR" - Février 2016


Dessert

PRIVEE DE DESSERT
(Arlette RIDEL)   

- Elle n'a pas voulu manger sa viande !

Affirmation de la Directrice de l'Ecole qui guette les retardataires devant le portail.
Maman me tient la main, fidèle accompagnatrice des bons et des mauvais jours !
Bien sûr je n'ai pas voulu manger ma viande. MA viande !
Imaginez ce morceau plus ou moins sanguinolent, bardé de gras, de crancran, parcouru de tuyaux douteux, de nerfs blanchâtres, ce pauvre morceau arraché (de quel droit ?) à quelque bœuf inconnu, ayant subi le supplice de la poêle brûlante et atterri malgré lui dans mon assiette !
Papa a dit qu'il fallait manger de la viande et quand papa a dit, n'essayez pas de dire le contraire ! Cette chose qui est venue enlaidir mon assiette on me l'a coupée en morceaux bien sûr et j'ai tenté, moi, la victime, de glisser un à un ces morceaux dans ma bouche et j'ai mâché, mâché, mâché, avec résignation tout d'abord, puis le mécanisme est venu et je mâche, je mâche, je mâche, et la chose devient élastique, de plus en plus élastique, malgré la complicité des rondelles de pommes de terre qui font de leur mieux pour la camoufler mais c'est le contraire qui se produit.
Avaler ce truc ? Impossible ! Père, mère et sœur me regardent…
Pas même un chien ou un chat complice pour me débarrasser… Le cœur me manque. Solution ultime : attraper la boulette entre le pouce et l'index et la déposer le plus élégamment possible sur le bord de l'assiette !
Sanction inévitable : privée de dessert ! Une fois de plus !
J'aime beaucoup le fromage qui pourrait compenser sans doute mais le père n'aime pas le fromage alors il n'y en a pas.
Alors. Privée de dessert ! Bourreau d'enfant !


GROSEILLES                                                                      Groseilles
(Arlette RIDEL)

Juillet tient ses promesses.
Au fond du jardin
Les groseilliers s'allument.
Je processionne. Le cœur me bat.
Je serre le saladier contre moi et je m'agenouille.
Je regarde, le soleil aussi.
Il veut partager ma joie !
Il se glisse entre les branches
Compte les grappes
Visite les unes et les autres.
Mon regard s'attache au rayon.
Ma main hésite : celle-ci ? celle-là ?
Non ! plutôt cette troisième baignée de lumière !
Ma main pénètre avec une tendresse presque religieuse au cœur du massif
et entre le pouce et l'index dont les ongles sont devenus sécateurs, je dérobe.
Je lève légèrement le bras pour offrir au soleil le fruit de la fidélité.
Il me remercie en traversant chaque baie de la grappe.
Elle devient rose, lumineuse, translucide !
Y porterai-je les lèvres ?



Amandes
Les amandes de Louise
(Marie RUIZ)  

Les arrière-grands-parents Louise et Jules avaient fait construire dans les années 1930 un chalet dans les dunes de Merville - Franceville, plus Franceville que Merville d’ailleurs, à 200m de la mer, dans les pins – la mer et les pins devant soulager mon père de ses crises d’asthme. La famille passait donc l’été au bord de la Manche. Trois générations plus tard, mon frère et moi profitions toujours de cette aubaine balnéaire avec nos parents et l’arrière-grand-mère venait passer une quinzaine de jours avec nous. Elle vivait au 6 de la rue de Branville à Caen de ses maigres rentes avec une demoiselle de compagnie, Madeleine. Elle n’était pas très prodigue avec nous, enfants… … quelques pièces en chocolat à Noël … et le 15 août, lors de son séjour à Franceville, à la Sainte Marie, ma fête, elle m’envoyait acheter une poignée d’amandes chez Mme Marion. Fraîches, elles avaient une belle couleur vert tendre. La coque était veloutée mais douce et ferme en même temps, comme lorsqu’on caresse l’échine du poney, avec une large lèvre plus ou moins ouverte. Mon père prenait un couteau pour fendre la coque ; il me restait à en écarter les lèvres. Découvrirais-je une ou deux amandes ? Je décortiquais la peau pour libérer l’amande toute blanche et brillante mais avant de la porter à ma bouche, je m’empressais de crier « Philippine » si je trouvais deux amandes – ce qui arrivait de temps en temps. « Philippine » mot mystérieux pour un jeune enfant mais jeu exaltant : je devais partager les deux amandes jumelles avec quelqu’un de mon choix et le lendemain, le premier des deux qui disait « Bonjour Philippine » à l’autre gagnait et obtenait un cadeau. Je me débrouillais toujours pour obtenir une glace au mieux, une sucette Pierrot Gourmand au pire.
Cinquante ans plus tard, je lève le voile sur le mystère du rituel « Bonjour Philippine » grâce à internet :   
d’une part, en allemand, « bien-aimée » se dit « vielliebchen », dont la prononciation évoque pour un français le prénom Philippe.   
d’autre part, on retrouve l’histoire d’une Philippine dans une chanson d’amour et de libertinage au XVIIème siècle « le devoir conjugal ». Philippine apparaît bien comme une symbolique sexuelle derrière l’union des deux amandes dans la même coquille… mais en tout bien tout honneur puisque l’on fait « amende honorable » .


UN SOUVENIR CULINAIRE DE MON ENFANCE
(Annie VALLART)

Je me souviens de ces étés passés chez ma marraine, à Monaco. Avec mes deux cousines, nous allions chaque jour ou presque, toutes trois, à la plage de FontviellBan bagnate.
Les premiers temps, notre grand-mère nous accompagnait. Les années passant, nous fûmes autorisées à nous y rendre toutes les trois, seules, sous la « responsabilité » de la plus âgées de mes cousines. Nous devions généralement rentrer déjeuner à midi, sauf quelquefois où, pour des raisons qui m’échappent encore, on nous autorisait à passer la journée toute entière sur la plage. Marraine nous remettait alors un peu d’argent pour acheter des « Pan Bagnat ».
C’était un grand bonheur pour nous, et le goût de ces sandwiches est resté associé, dans ma mémoire, au souvenir un peu magique d’un événement rare, attendu, rêvé, au sentiment d’indépendance que nous donnait cette journée toute entière, sans adulte, sur la plage.
Vers midi, après avoir consulté maintes et maintes fois la pendule de la baraque du plagiste, nous commandions nos sandwichs, que l’on préparait alors sous nos yeux.
Un pain rond et plat, un peu fessu, dont le gérant coupait en deux la croûte dorée, faisant apparaître une mie blanche et onctueuse. Il en arrosait généreusement les deux faces de vinaigre de vin rouge, donnant soudain à cet intérieur pâle un aspect rosé, un rose foncé qui devenait brillant lorsqu’il versait par-dessus une bonne rasade d’huile d’olive. Il y posait ensuite, délicatement, des feuilles de laitue vertes bien craquantes, des rondelles de ces grosses tomates d’été d’un rouge profond, dont le jus coulait un peu sur la croûte qui alors s’attendrissait. Il parsemait le tout de quelques blanches rondelles d’oignon, émiettait un peu de thon, et, pour terminer, déposait des olives noires, de ces toutes petites olives de la région qui sont conservées dans la saumure, leur donnant un coloris mat d’un beau violine. Des olives de Nice.
Transportant nos précieux Pan Bagnat, nous retournions vers nos serviettes en nous tordant un peu les pieds sur les galets de la plage, veillant à ce que nulle miette ne s’échappât, pressées de s’installer comme de vraies jeunes filles, face à la mer, sous l’ardent soleil de midi.
Les années sont passées, et j’ai voulu aujourd’hui rechercher le « pourquoi » de ce nom dont l’évocation seule me fait saliver. Eh bien, en occitan, pan veut dire pain et bagnat veut dire mouillé ! Du latin balneare, altéré en latin populaire en baneare… Du pain mouillé d’huile et de vinaigre ! Agrémenté de quelques crudités et d’un tout petit peu de thon ! Voilà un souvenir qui semble si facile à retrouver mais qui désormais n’a plus du tout le même goût !



CaféCafe
(Françoise ARNAULT)

Derrière les volets en bois brun,
la nuit lourde de pluie.

Au fond de mon lit, sous l’édredon rouge boursouflé,
je ne veux pas me réveiller.
J’attends un bruit.
J’attends et j’entends un bruissement  rassurant dans la cuisine,
J’entends des pas qui frottent sur le carrelage noir et blanc.
Encore somnolente, je ne bouge pas.
Puis la porte de ma chambre s’entrouvre.
Un rai de lumière éclaire les roses du papier peint, balaie la rondeur de mon édredon,
chatouille mes paupières.
J’ouvre enfin les yeux.
Et comme chaque matin, la silhouette bienveillante de mon grand-père avance
vers moi, silencieuse.
Entre ses mains froides, un bol de café brulant.
Juste un carré de sucre pour adoucir son amère noirceur.
« Réveille-toi fillette, il est sept heures ».

Depuis ces matins-là, il pleut toujours.



        LES CROISSANTS DE LUNE                                                                          Lune
         (C. P.)

         Un souvenir délicieux de mon enfance reste la façon très tendre que mon père avait de me réveiller.

Je devais avoir entre 7 et 10 ans, le débarquement ayant bombardé entièrement la ville nous avions été relogés dans trois pièces vétustes et sombres d'une aile du "vieux château", c'était le nom de la demeure qui n'avait de château que le nom.

Mon père me préparait donc un petit-déjeuner composé de pain et de café au lait : un grand bol avec des tartines mais qui n'étaient pas de vulgaires tranches de pain. Mes parents achetaient du gros pain de quatre livres ; la croûte bien dorée et consistante était déjà un régal pour l'œil, la mie, pourtant bien alvéolée ne me plaisait guère donc mon père transformait tout cela comme dans un conte. Il se tenait debout au bord de mon lit une assiette creuse à la main dans laquelle se trouvait le bol et tout autour des petites merveilles. J'entends encore mon père qui disait :Eveque 1

"Allez ouvre un œil, réveille-toi ma Claudette"

"Je t'ai taillé des croissants de lune  et des cannes d'évêque, assieds-toi ma mignonne ton lait va refroidir…"

Je prolongeais mon demi sommeil rien que pour l'entendre et je retardais le moment où je verrais ces jolies formes taillées dans la croûte du pain et pommadées de beurre et confiture d'abricots ou de groseilles venant du jardin. C'est ma mère qui les confectionnait et j'adorais l'aider à égrapper les groseilles puis une fois cuites à remplir les pots de verre sur lesquels, on appliquait une fois la confiture refroidie, un papier calque de la taille de l'ouverture du pot que l'on avait trempé dans de l'eau de vie avant de les encapuchonner à l'aide d'un second papier puis on l'entourait d'un élastique afin que cela soit hermétique.

Je crois que jusqu'à ma mort, chaque année, je reconfectionnerai toutes sortes de confitures comme un reste d'enfance et j'ai fixé à jamais ce "papa gâteau" près de mon lit attendant patiemment que son enfant gâtée ouvre les yeux sur les bijoux taillés dans la croûte de ce bon gros pain de campagne.


Péché dans le pêcher                       Pecher                                                                    
(Denise BEL)

Quand j'étais une petite fille (à l'âge où l'on apprend au catéchisme parmi les péchés véniels celui de gourmandise), je me promenais par un bel après-midi ensoleillé, comme on en avait encore en ce temps-là, par les petits chemins et les champs animés d'oiseaux, bruissants d'abeilles et d'insectes dans un paysage éclatant de bonheur et d'insouciance.

Quand tout à coup devant moi apparaît un mirage de pêcher chargé de fruits qui m'appelaient … viens, viens donc nous cueillir et nous goûter ! Il ne fallut pas trop me retenir ! Vite dans l'arbre où je mordis à pleines dents les fruits odorants et voluptueux. Un délice de fraîcheur sucrée au parfum enivrant.  Je me souviens du pur nectar qui coulait en perles sur mes joues. J'étais au paradis ! Soudain un homme apparut sous l'arbre ! Hé dis-donc toi ! Tu n'es pas la fille de la factrice ! Je ne pouvais difficilement nier, mon cœur battait la chamade. Je vais prévenir ta mère que tu es une voleuse ! Ce champ est privé, tu n'as pas le droit d'y pénétrer ! Il a aussitôt disparu sans me laisser le temps de me défendre. D'ailleurs qu'aurais-je pu dire pour ma défense ? Inutile de préciser que je pris le chemin le plus long pour retarder mon retour, je n'étais pas très fière. Mais impossible d'avoir du remord, c'était si délicieux, j'en gardais encore jalousement le goût tendre et fondant. Du regret ? Non sauf celui de m'être fait surprendre.

Le bonhomme ne fit pas son rapport. Ce qui m'angoissa quelque temps.

Quand, plus tard, devenue adulte je surpris des gamins piller mon cerisier, je leur apportai un panier pour qu'ils emportent leur trésor avec précaution.

Le paradis ça se partage !


Pâté de viande et lait caillé                                                                            
(Noëlle)

Pate en crouteLes deux principaux souvenirs culinaires de mon enfance sont, pour le premier le pâté en croûte que maman confectionnait avec les restes de viande et dont nous raffolions.
Je vois encore ce grand plat rectangulaire garni de cette croûte dorée et dont une cheminée au centre laissait s'échapper cette odeur délicieuse de pâte et de viande cuite.
Nous le dégustions avec une salade verte et ce plat unique suffisait à nous rassasier tant il était roboratif.Lait caille 3

Mon second souvenir c'est  celui de nos vacances chez ma grand-mère où nous nous retrouvions entre cousins, tous assez gourmands et notre dessert préféré était ces grandes jattes de lait caillé qui terminaient si bien le repas pour nourrir ces nombreuses tablées.

 



L'odeur de mon pays
(Jacques LELIEVRE)

PommeL'odeur de mon pays, le Cotentin était dans une pomme...
comme celles que l'on chapardait sur le chemin de l'école,
les fraises sauvages, sur le talus ou les mures, noisettes, noix gaules
des jeudi ; et les carottes grignotées crues au jardin .... !

Voilà que m'arrivent de la maison, à la  ferme, des effluves chaudes,
les vapeurs de cuisine qui s'échappent de la marmite me reviennent ,
dans la cheminée le feu crépite et le bois fume… odeurs, saveurs, émotions
peut-être le pot au feu, l'odeur de chou, le bouquet garni
légumes du  jardin navets, carottes...
et l'os à moelle, ah l'os à moelle si convoité !

La grand-mère, la vieille tante qui tisonnent, entretiennent le foyer ardent,
vapeurs de soupe aux légumes ou l'on taillerait le biscuit, soupe à la graisse de bœuf  
et les yeux sur le bouillon qui nous regarderaient, soupe à l'oignon au goût brûlé si particulier .

Comment oublier la poule au blanc des dimanches, les pieds de cochon mitonnés,
mijotés et demain réchauffés... on suçait les osselets gélatineux gluants onctueux
 puis on léchait doigts et babines !

Ou encore l'odeur du sang frais du porc dans le seau, que grand-père vient d'égorger
et qui finira en boudin noir sur le gril... hum !

Le goût des harengs saurs, sur un bout de bois, enfilés par la tête
fumés, pendus auprès du jambon jaunissant dans l'âtre.
Aussi la galette de sarrasin réchauffée sur la poêle,  et surtout l'incontournable
moque de cidre nouveau, gouleyant qui les accompagnerait
et c'est alors qu'immanquablement mon grand-père, un sanguin bon vivant
déclarait : " on dirait du pipi de sainte vierge ! "
Comme disait si justement Lucie Delarue-Mardrus
"Nul ne guérit de son enfance !"


La tartine de Fraises
(Françoise LECLER)

Je me souviens plus particulièrement de ce goûter servi à ma sœur, à mon cousin, à ma cousine et à moi-même alors que nous étions enfants.Tartine fraises
Quel régal d’avoir mangé cette tartine de fraises, préparée avec amour par ma grand-mère pour ses petits.
Je revois la grande tranche de pain blanc, épaisse, coupée en deux, sur laquelle était étalé le bon beurre, jaune, salé, que ma grand-mère confectionnait elle-même.
Puis, ce beurre recouvert d’une multitude de tranches de fraises, du jardin bien sûr, fraises juteuses, goûteuses, savoureuses, lesquelles saupoudrées de sucre blanc.
Hum ! Croquer cette sublime tartine est un délice inoubliable pour nous quatre.
 


L'été en Sologne… le jardin de mes grands-parents.
(Colette HARENT)

L'été, en Sologne, le jardin de mes grands-parents était luxuriant, chargé de fruits multiples et décoré de fleurs épanouies. Mon grand-père cultivait avec soin et rigueur ce jardin, en regardant régulièrement les étapes de la lune.

Au fond, trônait un prunier : les prunes étaient jaunes, juteuses, souvent éclatées par le bec d'un oiseau gourmand, mais toujours savoureuses.

Il y avait les tomates que l'on mangeait avidement en marchant dans l'allée centrale du jardin.

Framboises zeva  Mais les plus délicieuses de tous les fruits étaient les framboises.
  Cachées sous les feuilles des arbustes de quatre grandes rangées bien alignées,
  elles recevaient mes visites intéressées.
  Mûres à point, renouvelées régulièrement tous les deux jours en pleine saison,
  elles se laissaient déguster pour mon plus grand plaisir.
  Veloutées, acides et sucrées à la fois, je les posais dans ma bouche, tranquillement,
avec élégance… elles étaient belles, allongées mais charnues et s'appelaient ZEVA.


 


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ANNEE 2010.2012 - TRAVAUX publiés ci-dessous :

1 - Arlette RIDEL, étudiante de l’UIA de Bayeux, prend la plume à la suite de FLAUBERT !

2 - Atelier d'écriture : pendant le cours, une heure pour écrire sur un sujet proposé par Mme GOUEZ, en utilisant le maximum de mots ou d'expressions étudiés lors des précédents cours.

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1 - 

  Les étudiants de l’UIA Basse-Normandie, antenne de BAYEUX, inscrits au cours de littérature ont étudié Gustave FLAUBERT, notamment son roman ”BOUVARD et PECUCHET”. 

Lorsqu’il meurt le 8 mai 1880, Flaubert laisse ce roman inachevé. Dans le dixième chapitre il a laissé trois scènes à l’état de scénario : la conférence, l’arrivée des gendarmes et l’herborisation. La mort de l’écrivain laisse subsister des corrections et des ajouts que Flaubert n’a pas validés.

Quelques mois après sa mort, Caroline Commanville, la nièce de l’écrivain, a supervisé l’édition du roman. Elle s’est acquittée de ce travail consciencieusement. Roman posthume, il n’a donc pas reçu l’aval de l’auteur. 

RESUME DU ROMAN
Il a suffi du hasard d’une rencontre pour que Bouvard et Pécuchet deviennent des amis inséparables. Copistes de leur état, ces deux célibataires solitaires ont la même envie de savoir. Ils se mettent à fréquenter les musées, les bibliothèques… Puis leur vie professionnelle leur semble insupportable et leurs collègues ignorants… Bouvard ayant hérité d’une belle somme, ils peuvent réaliser leur rêve : être propriétaires d’une belle demeure à la campagne. Ils se lancent dans l’agriculture, potassent tous les livres d’agronomie. Le résultat est catastrophique. Ils étudient la chimie, la médecine, la géologie, etc.  Mais chaque fois c’est un désastre, le découragement les gagne…

  

 ▌Arlette RIDEL, admiratrice de Gustave, a imaginé pour le groupe de littérature encadré par Liliane GOUEZ, la fin qu'elle vous propose ci-dessous :

 

 Comment se débarrasser de deux ”héros” plus qu’encombrants….

 

Il me semble, à la lecture de ce roman, que Gustave FLAUBERT était devenu petit à petit et presque inconsciemment, prisonnier de ces deux créatures, certes, hors du commun, dotées d’une intelligence discutable, mais en revanche, d’une prétention sans limite.

Gustave FLAUBERT a quitté ce monde sans avoir eu le loisir de mettre le mot FIN, au bas de ce manuscrit volumineux et de ses non moins volumineuses notes.

Aussi, ai-je décidé, afin qu’il reposât en paix, de m’atteler à cette tâche littéraire, sans doute au-dessus de mes possibilités, mais qui part d’un bon sentiment : écrire l’ultime chapitre de cet ouvrage dont le titre composé de deux patronymes sans noblesse, sans originalité, communs en quelque sorte, n’incite pas le futur lecteur à une quelconque méfiance surtout que les premiers chapitres déclencheraient plutôt quelques sourires ponctués ça et là, de rires francs.

Mais j’arrête là ce préambule qui risque d’agacer. Allons ! Venons-en au fait :

 

BOUVARD ET PECUCHET

(suite et fin)

C’était par une très belle soirée d’été. Nos deux amis se promenaient autour de leur propriété, appréciant la fraîcheur qui tombait d’un ciel étoilé. La journée avait été caniculaire, ce qui les avait amenés à ôter peu à peu, les vêtements enfilés le matin, ne gardant par décence que la vaste chemise qui leur battait les mollets… mais aussi la chambre, persiennes closes.

Leur conversation ne tournant qu’autour de la chaleur exceptionnelle, ils avaient fini par se taire, constatant qu’en parler ne la faisait pas disparaître, bien au contraire. Le sommeil qu’ils espéraient n’était pas venu, alors, désœuvrés, ils s’étaient mis à penser… occupation qui chez eux, avait à maintes reprises, engendré par la suite de bien cruelles expériences.

Ne pas penser ! Que cela doit être reposant se disaient-ils… mais, ni l’un, ni l’autre, n’avait encore trouvé le moyen de parvenir à ce qu’ils considéraient comme une béatitude !

Bref ! Retrouvons-les maintenant sous un ciel qui se peuple d’étoiles. Le soleil (ou ce qu’il en reste) rougeoie à l’horizon ; une longue prairie, très verdoyante se déroule (c’est une image) sous leurs yeux.

-    Quelle belle lumière ! dit Bouvard.
-    Laquelle ? demanda Pécuchet.
-    Eh bien, ce soleil rouge et cette prairie verte.
-    C’est juste.
-    Rouge/vert, Rouge/vert, cela se marie bien…
-    Si l’on veut…
-    Vous n’aimez pas Pécuchet ?
-    Je n’irai pas jusqu’à dire cela, mais enfin, c’est violent !
-    Je ne trouve pas… et il me revient en mémoire une histoire de vert… plus précisément de rayon vert…
-    Rayon vert ? Rayon de quoi au juste ? interrogea Pécuchet. Pas un rayon de soleil, ce n’est jamais vert, ni un rayon de
     bicyclette… 
à moins que vous ne vouliez parler que de ces rayons de magasins dans lesquels on peut trouver de tout…
-    Non, vous n’y êtes pas ! Il s’agit d’un mystère, d’un mariage peut-être, entre la mer et le soleil…
-    Un mariage entre la mer et le soleil !!! On se sera moqué de vous, sans nul doute !
-    Pas du tout, rétorqua Bouvard, je l’ai lu dans un ouvrage.
-    Lequel ?
-    Je ne me souviens plus du titre…
-    Vous l’aurez rêvé !
-    Pas du tout, et dès demain, je ferai des recherches pour vous prouver que je n’ai nullement rêvé.

Deux jours plus tard, Bouvard, un large sourire aux lèvres, et le regard pétillant, présentait à son ami, le ”Bulletin annuel de la Société des Amis de la Nature”.


-    Tenez, lisez !

Pécuchet se plongea aussitôt dans la lecture dudit bulletin. Bouvard l’observait attentivement et voyait avec plaisir, se dessiner sur le visage de son ami, tout d’abord de l’étonnement, puis, la stupéfaction.


-    Alors ? demanda Bouvard.
-    C’est extraordinaire ! Croyez-vous que ces gens-là soient sincères ?
-    Pourquoi auraient-ils inventé ce phénomène ?
-    Je ne sais pas, mais une chose est sûre, ils précisent que c’est très rare et que peu de personnes ont pu l’observer.
-    C’est vrai...
-    Vous voyez, vous n’êtes déjà plus si sûr.
-    Il y aurait bien un moyen de savoir s’ils sont sincères !
-    Ah ! oui… mais lequel ?
-    C’est d’aller voir nous-mêmes…
-    Encore l’aventure !!!
-    L’idée vous déplait-elle Pécuchet ?
-    Pas vraiment mais… dans quelle direction devrions-nous chercher ?
-    Là-bas ! (Bouvard tend le bras vers l’horizon). Si vous avez bien lu l’article, il s’agit tout simplement de la mer et du
     soleil.

-    Mais encore ?
-    C’est très simple : il nous faut un bateau… assez grand, des provisions, des appareils de mesure, deux cannes à
     pêche, un ou deux cerfs-volants, des lunettes spéciales…

-    Et quoi encore ?

-    Surtout, l’envie de savoir, afin de révéler à ceux qui ne le savent pas encore (et ils sont nombreux !) l’existence de ce
     rayon unique au monde. Quel succès aurions-nous !

-    C’est vrai, c’est vrai, et très tentant !
-    Alors ? demanda Bouvard
-    Alors, oui, je suis partant ! ...

Nous passerons rapidement sur la construction de l’embarcation prévue par nos deux amis, mais je vous livrerai, malgré tout, quelques détails :

Vous connaissez l’originalité de ces deux ex-fonctionnaires, donc vous ne serez pas étonnés si je vous précise qu’ils avaient décidé, d’un commun accord, que leur esquif ressemblerait à un Drakkar !!! Rassurez-vous : un PETIT Drakkar ! N’oubliez pas qu’ils ne seront que deux rameurs !

Ce fut avec la figure de proue qu’ils eurent le plus de problèmes. Ils ne voulaient point d’une de ces têtes monstrueuses que les Vikings avaient coutume d’exhiber à la proue de leur bateau. Pécuchet eu l’idée (déclarée fabuleuse par Bouvard) d’aller aux Galeries Durandal de la ville proche afin de négocier l’achat d’un de ces mannequins féminins que des employées consciencieuses vêtent très élégamment pour faire croire à d’éventuelles clientes( qui n’ont pas comme l’on dit la taille mannequin) qu’elles seront sublimes dans la tenue présentée… Le directeur du magasin se fit d’abord prier, mais il finit par leur céder (pour un prix très exagéré) une de ces créatures de rêve. Nos deux amis la transportèrent avec d’infinies précautions, mais… hélas, trois fois hélas ! arrivés devant leur porte, Pécuchet buta sur le seuil et tomba brutalement, entraînant dans sa chute, Bouvard et la jolie dame !

Ce fut catastrophique !

Pécuchet se retrouva avec un œil au beurre noir, Bouvard avec une douloureuse entorse au pouce de la main droite, et la belle dame, ah ! la belle dame, ce fut elle la véritable victime !

En effet, ses deux jolis avant-bras, lisses et roses, gisaient au sol, en un nombre impressionnant de morceaux.

Soufflant, geignant, nos deux amis se relevèrent et c’est alors qu’ils constatèrent l’état déplorable de leur future figure de proue ! 

Fallait-il se lamenter, s’arracher les cheveux de désespoir ? Non ! plutôt boire un bon cordial pour se remettre ! 

Je crois qu’ils en abusèrent car soudain Pécuchet se mit à rire, et, montrant du doigt la victime muette, il déclara avec emphase : « On di… on didi… on dirait, la Vé, la Vévé, la Vénus de Milo ! ”  

Et bientôt Bouvard imita son ami :
-   ”C’est vrai, c’est bien vraivrai, c’est sûr, c’est elle, c’est la belle statue de Monsieur Milo !” 

Pécuchet n’étant pas dans son état normal ne releva pas cette grossière erreur proférée par son ami, et puis, peu lui importait. 

Bouvard reprit ses esprits :
-    Comment dissimuler cette infirmité ?

Pécuchet le rassura aussitôt :
-    ”Eh bien, une large cape fera l’affaire, et quel spectacle lorsque le vent viendra la soulever ! Neptune sera content”.
-    Neptune ? interrogea Bouvard
-    Eh bien oui, il faut bien un nom à ce bateau.
-    Je préfère Poséïdon…
-    C’est le Grec !
-    Mais non, c’est le dieu de la mer
-    Neptune aussi. 

Bientôt, sans doute en partie à cause de l’alcool qu’ils avaient absorbé, le ton monta. Alors Bouvard eut une idée :
-    Et si nous l’appelions ”La petite sirène” ?
-    Vous avez raison dit Pécuchet, c’est plus doux, plus charmant et cela ira mieux avec notre figure de proue. 

… Et ce fut par une magnifique soirée, alors que la vague caressait la plage avec des soupirs énamourés, que Bouvard et Pécuchet, aidés de leurs voisins, mirent l’embarcation à l’eau.

Ils n’avaient pas la traditionnelle bouteille de champagne, mais le cidre du pays fit l’affaire pour le baptême, et ce fut Madame Bordin qui eut l’honneur de la fracasser sur la ”Petite Sirène”.


Elle dut s’y reprendre à deux fois : soit le verre était de qualité supérieure, soit la marraine manquait d’énergie.

Quelqu’un murmura, ça porte malheur si on n’y arrive pas du premier coup… cette réflexion fit hausser bien des épaules…

Enfin, ce fut le départ, et les adieux émus, de part et d’autre. On les regarda s’éloigner, mais bientôt la nuit tomba.

Une jolie lune bien ronde se leva au-dessus de nos amis comme pour les accompagner un moment, puis, ils disparurent.

Chacun rentra chez soi, tout en se demandant comment cette nouvelle aventure allait se terminer. C’est qu’ils avaient eu souvent l’occasion de se poser ce genre de questions, questions dont les réponses n’étaient pas glorieuses !

Ce Bouvard et ce Pécuchet n’étaient pas des gens ordinaires, loin s’en fallait.

Ils ignoraient cette fois qu’ils n’auraient, ni à s’étonner, ni à critiquer, ni à juger, ni à rire…

… et je suis désolée de vous dire qu’on ne les revit jamais !

Sans doute, le RAYON VERT les avait-il entraînés dans une fin GLORIEUSE et LUMINEUSE  !!!

      

Arlette RIDEL,
Le 28 novembre 2010.

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2 - ATELIER D'ECRITURE

Une lettre d'un amoureux transi qui décrit les affres de sa passion. 
(Catherine - Martine - Orla)

A ma Cassandre,

Dimanche dernier je suis allé, candide, voir un match de rugby entre Athènes et Babylone.

Vous m'êtes apparue tenant le ballon ovale telle Diane la chasseresse, munie de votre bouclier de Brennus ; vous m'avez ébloui et voué aux gémonies. Depuis, je tombe de charybde en scylla sous les fourches caudines, alors que cette rencontre aurait pu me rendre riche comme Crésus.

Je suis conscient de ne pas sortir de la cuisse de Jupiter et de ne pas être un Adonis, mais vous m'avez déroulé le fil d'Ariane jusqu'à la boîte de Pandore, et je l'ai suivi.

En vous écrivant, je franchis le Rubicon et tombe dans le tonneau des Danaïdes.

Avant ce match, j'étais tranquille comme Baptiste, vous avez touché mon talon d'Achille et j'espérais le Pactole.

En attendant Godot et afin d'éviter la pétaudière, j'irai à la maison Tellier.

Un ours mal léché.

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Une lettre de récrimination d'un simple citoyen pour se plaindre d'une amende injustifiée.
(Colette - Marie-Claire - Noëlle)

Première proposition :

Monsieur le Commissaire,

J’ai l’honneur de m’adresser à vous, car ce matin, j’ai eu la désagréable surprise de trouver sur mon pare-brise une amende pour stationnement interdit - emplacement réservé aux invalides.

L’agent qui venait de m’appliquer cette contravention se trouvait encore là, fier comme Artaban, lorsque j’ai découvert celle-ci.

J’ai donc pu discuter avec lui mais avec un air sardonique et simiesque, il m’a répondu qu’elle était justifiée et que si j’insistais ça irait de Charylde en Scylla.

Je n’avais alors aucun justificatif de mon invalidité à lui présenter sur le champ. Par ailleurs, je m’aperçus que le macaron justificatif de ma voiture était tombé sur le siége, donc invisible pour le pandore !

Je me suis donc retirée de l’aventin tout en ronchonnant comme un ours mal léché et le gendarme tranquille comme Baptiste m’entraina à passer sous les fourches caudines en me vouant aux gémonies ; son comportement de Brutus m’infligea une épée de Damoclés….

Le handicap réduit la force et la patience c’est un talon d’Achille…..mais je restais stoïque.

N’étant pas riche comme Crésus, Monsieur le Commissaire, je ne peux payer et je m’adresse donc à vous pour régler ce différent et supprimer cette amende qui me parait indue.

Je compte sur votre compréhention pour dénouer ce nœud gordien qui m’affecte énormément,

Etant un simple péquin ; je vous serais donc reconnaisante d’apporter à cette boîte de pandore une solution rapide.

Avec mes remerciements,

Veuillez agréer Monsieur le Commissaire mes salutations les plus respectueuses.

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2ème proposition : 
(Arlette, Cristine, Jeannine)

Monsieur le Commissaire Chnoque,

Je viens de recevoir une amende émanant de vos services et qui m’étonne au plus haut point.

Je m’explique : je suis propriétaire de deux chevaux de toute beauté qui, comme tous les chevaux qui se respectent, broutent l’herbe des fossés avoisinant ma propriété ainsi que celle de Monsieur de la Pétaudière qui est comme vous le savez un descendant du roi Pétaud.

Monsieur de la Pétaudière est peu aimable et l’on peut dire selon l’expression que c’est un ours mal léché.

Son épouse, cependant bien née, se comporte en mégère. (J’ai eu malheureusement l’occasion de m’en apercevoir à maintes reprises).

Quant à leur fils, fier comme Artaban, il est toujours posté devant la porte de leur manoir, tel un Cerbère ! … Ce qui ne l’empêche pas de se prendre pour un Apollon !

Moi, tranquille comme baptiste, je ne m’explique pas leur plainte.

L’herbe du fossé n’est pas, que je sache, leur propriété, et les chèvres de mon voisin en font quotidiennement leur régal ; sans que cela amène la moindre réflexion désobligeante de la part de Monsieur de la Pétaudière.

J’ai tenté de m’expliquer avec ce dernier, mais comme il se croit sorti de la cuisse de Jupiter, il n’a pas daigné m’écouter.

J’espère, Monsieur le Commissaire, que vous examinerez ce courrier avec bienveillance.

En effet, ma situation actuelle n’est guère brillante et je ne voudrais pas comme l’on dit «tomber de charybde en scylla».

Veuillez croire, Monsieur le Commissaire, à mes sentiments les plus respectueux.

Fait à PRECY SUR AURE ce 04 août 1889. Pierre Gouberviel.

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Le récit de voyage d'un explorateur au XIXème siècle chez des pygmées cannibales.
(Anny, Françoise, Jacques, Jean-Marc, Nicole, Micheline et Claudine)

Aujourd’hui 23 mars de l’an 1811, Arnaud, fils aîné de la Maison Tellier, bajocasse d’origine, exilé loin de son bessin natal où il n’était plus en odeur de sainteté… s’endort dans les bras de Morphée, sous un baobab, près de la rivière Pactole au fin fond de l’Afrique Equatoriale Française. Il est grand, mince, le visage émacié et une superbe barbe poivre et sel, ce n’est pas un Apollon, mais il a un certain charme. Il se réveille, par une chaleur humide et suffocante. Plus précisément il est réveillé par des démangeaisons incessantes au talon d’Achille. Son esprit vif de normand est aussitôt en alerte. Ces démangeaisons sont-elles dues à une invasion de fourmis, à des piqures de moustiques ou pire … de mygales ? Il cherche à tâtons ses bésicles. L’angoisse est à son paroxysme, il se hâte, se tâte, se gratte, haletant il découvre que son corps est recouvert de … de quoi… de … de pygmales, mais non il perd la raison, il se ressaisit, reprend ses esprits… des PYGMEES, mais par le Dieu Pan, je suis chez les pygmées !!! Des pygmées aussi petits… alors là je ne savais pas que cela existait…

Il entend des bruits inquiétants, des cris d’oiseaux inconnus et un grouillement incessant. Il regarde de plus près… ce sont les pygmées. Ils sont si nombreux qu’ils grouillent de partout. Ils ont des dents acérées et des têtes réduites autour du cou, Arnaud ne peux s’empêcher de penser au Cerbère. Il regarde autour de lui, la végétation est luxuriante, mais il devine au travers des feuillages leurs cases, minuscules, avec au milieu du village un chaudron immense formé par le haut du cratère d’un volcan en légère ébullition. Au bord du chaudron un groupe emplit un tonneau ressemblant comme un frère à celui des Danaïdes. Soudain une horde de pygmées s’approche de lui. Ils le soulèvent et le transportent, mais où vont-ils ? Que font-ils ? Vont-ils franchir le rubicon, passer sous les fourches caudines et se retrouver aux enfers. Ah non ! pense Arnaud pas les enfers, il y fait trop chaud. Leur progression est lente. Arnaud sent une épée au-dessus de sa tête, serait-ce celle de Damoclès qui cherche à se venger, mais se venger de quoi. Arnaud n’a pas le temps de réfléchir, ils se dirigent vers le chaudron. Il sent la chaleur gazeuse du volcan et des fumerolles lui brûlent la plante des pieds. Sa situation est dantesque, elle va de caraïbes en syllabes, ah je m’affole encore, la situation évolue de Charybde en Scylla. Il suffoque et se réveille les vêtements collés au corps. Où suis-je ? Qui suis-je ? En quel état j’erre !!! Mais je comprends, je faisais un cauchemar, je suis à Bayeux, endormi devant ma cheminée et ce sont mes chaussettes qui commencent à brûler ! Quelle confusion, je respire ! Ah c’en est trop, cette fois-ci c’est promis demain j’arrête les cours à la Liliane.

 

 

 

 

 

 

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